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Les grandes priorités du MR pour la Mobilité

Les grandes priorités du Mouvement réformateur pour la mobilité à Bruxelles

La Libre Belgique* – 15 fév. 2019

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Le Mouvement réformateur n’est plus aux responsabilités en Région bruxelloise depuis 2004, soit depuis quinze ans. Une éternité en politique. Inutile de dire que le parti d’Olivier Chastel a la ferme ambition de reconquérir le pouvoir régional dans la capitale lors des élections du 26 mai prochain. À l’heure de boucler cette édition, certaines incertitudes planaient toujours quant à la future tête de liste libérale pour la Région bruxelloise, bien que la bourgmestre sortante de Molenbeek, Françoise Schepmans, demeure toujours en pole position.

En attendant, le MR planche ardemment sur son programme électoral, notamment en matière de mobilité à Bruxelles.

Obeid, jeune pousse MR prometteuse

Stéphane Obeid est le Monsieur “mobilité” pour le groupe MR au Parlement bruxellois. Depuis les communales d’octobre dernier, il officie également en tant que premier échevin à Ganshoren, l’une des dix-neuf communes de la capitale. Économiste de formation, l’homme de 29 ans a réalisé plusieurs études pour le Centre Jean Gol, le centre d’études du MR, en matière de mobilité. C’est aussi lui qui a été chargé par son parti de rédiger le programme électoral du MR pour la mobilité à Bruxelles.

Une responsabilité de taille pour celui qui confie avoir posé sa candidature pour figurer sur la liste régionale bruxelloise du MR en vue du méga scrutin de mai prochain. Et si on lui proposait la tête de liste ? “Je serais fou de dire non” , dégaine-t-il. Voilà qui est clair.

À La Libre , il dévoile les priorités du MR pour la mobilité à Bruxelles.Alice Dive

À la différence de ce qui prévaut aujourd’hui en Wallonie et en Flandre, la fiscalité automobile à Bruxelles n’intègre pas – encore – de critères environnementaux. “À l’heure actuelle, dans la capitale, le propriétaire d’une voiture diesel datant des années 2000 paiera exactement la même taxe de circulation que le propriétaire d’un véhicule du même nombre de chevaux fiscaux (NdlR : on vise ici la puissance du moteur) mais neuve” , soutient Stéphane Obeid. À Bruxelles, il existe actuellement un éco-malus via la zone de basses émissions. Le MR dit vouloir créer “un incitant par le haut” en développant un éco-bonus calculé sur la base de l’écoscore automobile. Pour mémoire, l’écoscore est une échelle de zéro à cent qui calcule la performance environnementale du véhicule, son bruit, l’occupation de l’espace, la qualité de l’air et l’impact sur le climat. “ Si vous calculez cet éco-bonus sur la base de la médiane du parc automobile bruxellois, vous obtenez à l’heure actuelle 58 sur cent. Autrement dit, tous les gens qui ont une voiture dont l’écoscore est supérieur à 58 paieraient un peu moins en termes de fiscalité automobile.” Bien évidemment, cette médiane serait actualisée chaque année de manière à obtenir un parc automobile de plus en plus vert.

Précisons-le d’emblée : la présente proposition n’est à ce stade qu’à l’état d’amendement. Elle n’a donc pas encore reçu l’aval (ou pas) des hautes sphères du Mouvement réformateur. Ainsi, Stéphane Obeid plaide à titre personnel pour la mise en place d’un “portail de congestion intelligente” aux portes de Bruxelles. À l’instar de ce qui se fait à Sidney, New York ou Londres, M. Obeid estime qu’il faut établir un coût vérité de la congestion automobile en conditionnant le prix de l’entrée dans Bruxelles à quatre critères : l’existence ou non d’alternatives mises en place par les pouvoirs publics, le moment d’entrée dans Bruxelles (heure de pointe ou non), le recours ou non au covoiturage et la qualité de l’air ce jour-là (pic de smog ou non). Le prix d’entrée dans Bruxelles oscillerait ainsi entre 0 et 12 euros. Un régime dérogatoire serait toutefois prévu pour la “flotte captive”, soit pour tous ceux qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule utilitaire en permanence.

Dans son programme électoral, le MR dit vouloir intégrer dans les cahiers des charges des marchés publics la possibilité pour les entreprises de faire travailler les ouvriers de chantiers plus tard et les week-ends, bref, de flexibiliser les horaires de chantiers dans la capitale. “On peut très bien faire en sorte qu’il y ait davantage de ‘shifts’ d’équipes depuis tôt le matin jusqu’à 22 heures en soirée” , suggère M. Obeid. Cette mesure est coûteuse. “ Il faut y injecter les moyens nécessaires, commente-t-il . C’est le prix à payer quand on voit ce que représente le coût de la congestion…”

“Savoir comment se déplacer est une science en soi” , commente d’emblée Stéphane Obeid. Ainsi, le MR suggère dans son programme électoral d’organiser durant les jours scolaires blancs des séances d’éducation à la multimodalité et à la mobilité à destination des rhétoriciens. Concrètement, l’idée consisterait à inviter les opérateurs de transports publics (Stib, SNCB…) et les entreprises privées qui développent des solutions de mobilité à exposer leurs idées aux jeunes de sixième secondaire, soit à ceux qui sont généralement en âge de passer leur permis de conduire. “ Cela étant , observe M. Obeid, on notera que le moment à partir duquel les jeunes passent leur permis de conduire est de plus en plus retardé. Il y a dix ans, le plus gros pourcentage oscillait entre 18 et 25 ans. Aujourd’hui, il oscille plutôt entre 25 et 35 ans. Les comportements changent et avec eux, les usages aussi…”

Parallèlement à la construction – entre autres – d’une boucle du tunnel Porte de Hal en direction du Bois de la Cambre devant permettre de désengorger le goulet Louise, le Mouvement réformateur plaide en faveur de la mise en place d’un système de traitement de l’air performant dans les tunnels routiers et les stations de métro. “C’est quelque chose qui se fait déjà en France , assure M. Obeid. U n système qui a fait ses preuves, c’est la filtration électrostatique.” Cela étant, il s’agit ici d’une solution à court, voire à moyen terme. “À long terme, je pense qu’il faudra supprimer les tunnels qui n’améliorent pas la qualité de vie des automobilistes et conserver uniquement ceux qui respectent cette donne” , s’avance le libéral.

Outre l’éducation des jeunes à la multimodalité, le Mouvement réformateur souhaite regrouper sous une seule et même application publique l’ensemble des offres de transports alternatives à la voiture individuelle. “Car le problème , observe Stéphane Obeid, c’est que quand il y a une démultiplication d’opérateurs privés, l’offre de transports est intéressante mais les gens ne reçoivent pas nécessairement l’information.” L’idée défendue consisterait donc à ne conserver qu’une seule et unique application publique pour tout. “ Entendons-nous bien : l’application peut très bien être développée par un privé mais la gestion de celle-ci doit être selon moi publique. Une manière de veiller à sauvegarder l’intérêt général. ”

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