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Interview du 09/07/2018

« Ministre de la Mobilité? Pourquoi pas»

La Capitale – 09 juil. 2018 Page 6

Conseiller communal depuis 2012, Stéphane Obeid (28 ans), emmènera la Liste du bourgmestre à Ganshoren en octobre. L’occasion de faire le point avec lui sur ses ambitions, ses projets pour sa commune et sa vision de la mobilité à Bruxelles.

Vous êtes tête de liste de la Liste du bourgmestre. C’est quelque chose de particulier quand on est un simple conseiller. Comment expliquer cette promotion ?

On a d’abord eu un décès qui a précipité le MR local dans une situation difficile. Hervé Gillard était un faiseur de voix et très connu dans la commune. Il a fallu trouver au pied levé quelqu’un pour le remplacer comme bourgmestre puis comme tête de liste. Après de nombreuses discussions, il s’est avéré que Robert Genard, qui milite depuis 1970, méritait d’être bourgmestre. Il était la bonne personne afin d’apaiser les choses après une période douloureuse pour le MR local.

Mais il n’était pas assez bon pour être tête de liste ?

Il aurait été une bonne personne mais il y a un temps pour tout. Lui-même le dit, il veut laisser la place aux jeunes. Et je pense que c’est intelligent et sage de sa part de le faire. Il ne s’est pas présenté pour être tête de liste. À 72 ans, remettre le couvert pendant encore six ans, je pense que c’est compliqué.

Dans ce cas, cela n’aurait pas été plus simple de donner un autre nom à la liste ?

La liste du bourgmestre, c’est véritablement la liste du bourgmestre. Ce n’est pas parce qu’il n’est pas premier que ce n’est pas sa liste. Robert pousse la liste et il a un droit de veto sur la composition de celle-ci.

Vous êtes encore fort jeune. Quelles sont vos ambitions en politique ?

Aujourd’hui, j’ai l’ambition d’être d’abord le candidat du projet politique de 40 pages que nous avons présenté. Et si, pour le porter, il faut que je déclare que je suis candidat bourgmestre, je dirai oui. Mais ma priorité, c’est d’abord être un candidat à un projet et non à un titre. Si ma liste est plébiscitée et si je fais le plus de voix sur ma liste, je prendrai le mayorat. C’est d’ailleurs l’accord avec ProGanshoren.

C’est votre objectif de devenir un jour bourgmestre ?

J’attends le signal. Je me suis présenté à 22 ans pour la première fois. Entre-temps, j’ai fait quelques sorties médiatiques. J’ai été présent sur les réseaux sociaux. J’attends de voir le ressenti de la population, de voir si les gens voient en moi un futur bourgmestre. L’indicateur, ce sera mon résultat aux élections. Après, de part mon travail comme collaborateur au parlement, c’est vrai que j’aimerais représenter Ganshoren au sein du parlement.

Et à long terme, devenir ministre de la mobilité, c’est votre objectif ?

Cette compétence a toujours été aux mains d’un néerlandophone… Mais pourquoi pas si le MR monte dans une majorité et si mon parti est d’accord ?

On parle beaucoup du décumul. Si en octobre vous obtenez un poste exécutif à Ganshoren et qu’après on vous propose une bonne place sur la liste MR à la Région, quel sera votre choix ?

J’accepterai la place pour représenter Ganshoren aux élections régionales. Si je suis élu à la Région et que je deviens bourgmestre, je ne cumulerai pas. Et je choisirai la commune. Si je deviens échevin et que je suis élu à la Région, c’est une question que je me poserai en temps voulu, en fonction de la représentation du Nord-Ouest de Bruxelles au parlement bruxellois. Je veux que cette réalité du Nord-Ouest résonne au sein du parlement. Si je suis échevin, je choisirai probablement la députation.

Ces six dernières années, il y a eu énormément de guéguerres politiques. C’est d’ailleurs un peu la seule image qu’on a de la commune. Quel regard portez-vous sur cette législature ?

Il y a beaucoup de regrets car cela fait perdre du temps à tout le monde et surtout aux Ganshorenois qui ont envie que leur commune tourne. Le problème est que cette coalition est presque devenue une tumeur. Le temps que vous prenez pour faire passer des dossiers, cela fait perdre du temps et de l’énergie à tout le monde. Je pense que l’avenir ne peut qu’être meilleur sans le PS à Ganshoren.

Vous avez un préaccord avec ProGanshoren. Mais, avec toutes les trahisons politiques que la commune a connues, cet accord, il est en béton ?

Il est en béton car il est répété dans toutes les publications avec ProGanshoren. Et un certain nombre d’entre eux, sont des amis. On n’est pas juste dans la stratégie politique. Je ne suis pas Hervé Gillard, même si je l’aimais beaucoup. Je ne suis pas dans un jeu d’échecs.

La mobilité, c’est votre dada. Depuis une semaine, le tunnel Léopold II est fermé. Est-ce que c’est le chaos annoncé ?

Pas vraiment. Mais on remarque souvent qu’il y a une crainte des automobilistes quand on fait des grosses rénovations. Tout le monde a peur et moins de personnes viennent mais, à un moment donné, il y a un retour et une sorte d’appel d’air. Je m’attends à un chaos autour du 15 août.

En termes de mobilité, quelle serait votre région bruxelloise idéale ?

Tout d’abord, un métro entre Simonis et Grand-Bigard. Mais aussi des parkings de transit.. À titre personnel, je suis favorable au péage urbain. Vous ne pouvez pas faire le choix d’acheter votre appartement moins cher en dehors de Bruxelles, venir travailler à Bruxelles, utiliser les infrastructures payées par les Bruxellois et polluer sans payer une contribution. Et la tarification pourrait se faire en fonction des alternatives. Quand un parking de transit existe, la tarification est plus élevée.

On vous entend souvent dire que le Nord-Ouest est l’oublié de la Région. Pourquoi ?

Je constate que, dans le plan régional de développement durable, il y a un manque d’investissement prévu dans le Nord-Ouest de Bruxelles. Il y a un lobby territorial qui se fait au parlement. Il faudrait une sorte de front commun du Nord-Ouest.

Isabelle Anneet

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