La nécessité d’une rénovation du tunnel Léopold II, tunnel routier le plus long du pays[1], a été pointée à plusieurs reprises ces dernières années. Les travaux commenceront finalement en mai 2018…

Rénovation du tunnel Léopold II

Ce tunnel, ouvert à la circulation en 1986, accueille en moyenne plus de 65.000 véhicules par jour et révèle de nombreuses défectuosités notamment en matière de sécurité, d’étanchéité et de qualité de l’air. Alors qu’un rapport de 2009 faisait déjà mention de l’état de vétusté dudit tunnel, la décision de rénover le tunnel a été prise en mars 2012 par le Gouvernement de la Région bruxelloise de l’époque. À la suite de plusieurs reports, les modalités quant à la rénovation du tunnel ont été annoncées en date du 7 décembre 2015. La rénovation durera pendant 39 mois à partir de mai 2018 et coutera 264,7 millions d’euros (hors entretien) . La rénovation se déroulera la nuit, les week-ends et durant les congés scolaires.

La congestion des voiries

La fermeture du tunnel aura un impact considérable sur la qualité de vie des habitants de la commune de par une augmentation importante de la congestion sur les avenues Charles-Quint, Gloires nationales, Broustin et Exposition Universelle, voiries régionales, d’une part, mais également sur les voiries communales qui devront absorber le trafic automobile d’autre part. Car même si les travaux de rénovation s’effectueront principalement la nuit entre 22h00 et 6h00 du matin, on sait bien que les heures de pointe se sont largement étendues ces dernière années.

Cette conséquence est d’autant plus inquiétante pour la qualité de vie des habitants de notre commune, en ce que la mise en place du piétonnier au centre ville ne permet plus d’absorber en aval les flux de circulation attendus de ce chantier. A cet égard, en 2013, Bruxelles Mobilité a commandé à un bureau d’étude deux analyses dénommées : « Étude multimodale de gestion de la mobilité dans le cadre des travaux de rénovation du tunnel Léopold II » et « Étude des déviations de trafic à prévoir pendant la rénovation du tunnel Léopold II ». Ces études dont le coût s’élève à 234.272 euros, concluent notamment que la zone du canal à hauteur de la station Yser est un maillon important pour absorber le trafic automobile dans le cadre du chantier. La mise en place du piétonnier va donc irrémédiablement impacter les flux dans cette zone critique. On peut donc supputer que ce problème en aval du tunnel va aggraver la congestion en amont, à savoir, notamment, sur l’avenue Charles-Quint.

Eu égard à l’importance du chantier et à l’impact de ce dernier en ce qui concerne les flux de circulation, j’ai plaidé auprès de la Région bruxelloise de prendre en charge, en concertation avec l’Administration communale, la confection d’un nouveau plan communal de mobilité diminuant, autant que possible, le report de la circulation lié à ce chantier sur les voiries communales. En outre, il est essentiel que la STIB, par l’intermédiaire du Gouvernement bruxellois, développe des solutions alternatives afin de favoriser le report modal de la voiture particulière vers les transports en commun.

La qualité de l’air

Au-delà des désagréments en termes de mobilité, cette congestion va entrainer une augmentation significative de certaines particules fines et ultrafines inhalées par les habitants de la commune. Pour rappel, près de 30.000 tonnes de polluants gazeux sont émises à Bruxelles chaque année. Ces polluants se retrouvent dans l’air que nous respirons et peuvent avoir un effet direct sur la santé. La fermeture du tunnel va inévitablement augmenter le nombre des particules eu égard à la congestion engendrée par le chantier. À cet égard, je plaide pour que la Région bruxelloise, au travers de l’Institut Bruxellois de la Gestion de l’Environnement, produise des rapports mensuels sur la qualité de l’air sur le territoire communal en comparaison avec les valeurs critiques et valeurs limites telles que définis dans la Directive 2008/50/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2008 concernant la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe. Ces mesures pourraient se faire, notamment, sur base des emplacements B011, R001 et B003 des postes de mesure du réseau télémétrique.

Oui, le dossier du tunnel Léopold II, qui a été très mal géré par les autorités bruxelloise, aura des conséquences tant sur la mobilité que sur la qualité de vie des Ganshorenois(e)s. A cet égard, je plaide depuis le début de mon mandat pour qu’une prolongation du tunnel soit réalisée jusqu’à l’entrée de la E40 et donc sous l’avenue Charles-Quint (les plans existent) afin de réduire les nuisances en surface et profiter d’un nouvel aménagement de l’avenue Charles-Quint. Un voeu pieux ?

 

[1] Longueur de 2.534 km